INDEX DES TRAVAUX UNIVERSITAIRES ET RESUMES DE THESES |
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LIHA accueille et soutient des universitaires à tous les stades de la recherche, de la maîtrise à la thèse. |
Thèses |
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BOULLET Daniel Entreprise et environnement en France de 1960 à 1990 : les chemins dune prise de conscience Paris X, 1999 |
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CAILLUET Ludovic Stratégies, structures dorganisation et pratiques de gestion de Pechiney des années 1880 à 1971 Lyon III, 1995 (Prix de la European Business History Association) |
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FROUARD Hélène Les politiques patronales de logement en France (1894-1944) : de l'initiative privée au devoir national Paris I, 2003 |
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GANEM Pierre-Henri Stratégies contractuelles des firmes aux fins de sécurisation dinvestissements internationaux (la pratique des grandes firmes daluminium dans le montage et la réalisation de projets miniers et métallurgiques principalement en Afrique (1953-54) Paris X, 1994 Publié par Bruylant |
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HACHEZ-LEROY Florence LAluminium Français, instrument dune stratégie de groupe (1911-1960) Paris IV, 1995 Publié par CNRS éditions |
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LARRUE Jacques Fria en Guinée, première usine dalumine en terre dAfrique, des stratégies originelles de 1957 aux perspectives de lan 2000 Paris I, 1994 Publié par les éditions Karthala |
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LE ROUX Muriel Évolution des stratégies de recherche dune grande entreprise française : Pechiney 1886-1975, le cas de laluminium Paris IV, 1996 (Prix de lInstitut dhistoire de lindustrie) Publié par les éditions Rive Droite |
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LESCLOUS René Genèse et évolution des sites producteurs daluminium - Essai dinterprétation des choix stratégiques de Pechiney et de leur mise en uvre (1893-1972) EHESS, 1997 Publié par les Presses de lÉcole des Mines |
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PEZET Anne Les fonctions des instruments de la décision dinvestir : contribution à une technologie de linvestissement Paris IX, 1998 (Prix 2000 de la Fondation nationale pour lenseignement de la gestion) Publié par Economica |
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VINDT Gérard Histoire sociale dune entreprise : la compagnie Pechiney (1921-1973) Paris X, 1999 |
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ZIMNOVITCH Henri Les calculs du prix de revient dans la seconde industrialisation en France Poitiers, 1997 |
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DEA et divers |
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BENSADON
Didier CAILLUET
Ludovic CAPPELLO
Laurent CORBIN
Astrid HACHEZ
Florence LARRUE
Jacques PELLETIER
Grégory RENAUX
Thierry SARDAIS
Cyrille VINCENOT
Guillaume |
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Maîtrises |
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BALAYE
Eddy COCHET
Marie-Noëlle DELMELLE
Laetitia HANEN
Élise NÉTANGE
Héloïse NEUMANN
Cédric NIFLE
Olivier PAUTHIER
Céline |
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Résumés des thèses |
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BERLAND Nicolas Lhistoire du contrôle budgétaire en France. Les fonctions du contrôle budgétaire, influences de lidéologie, de lenvironnement et du management stratégique |
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Thèse de doctorat en science de gestion de luniversité Paris IX-Dauphine, soutenue en 1999, dirigée par Henri BOUQUIN Prix Comptabilité-contrôle de la Fondation nationale pour lenseignement de la gestion dans lentreprise Le contrôle budgétaire sest développé en France à partir des années trente. En 1960, il na pas atteint lamplitude que lui confère habituellement le profane. Cela sexplique par lexamen des institutions idéologiques qui lont soutenu. En effet, son rythme de diffusion a été influencé par les changements idéologiques qui ont marqué lhistoire de la pensée managériale. Rompant avec le mode de contrôle social du paternalisme, le contrôle budgétaire sest construit sur un terreau idéologique teinté de corporatisme, de technocratie puis de relations humaines. En outre létablissement de prévisions a rapidement été perçu comme une difficulté majeure liée à lutilisation des budgets. Aussi, nest-il pas étonnant que le contrôle budgétaire se soit développé dans un environnement peu turbulent. Les entreprises se servant de budgets ont réussi à diminuer lincertitude de leur marché par différents moyens (entente, monopole, contrat à long terme) ou en saisissant des opportunités conjoncturelles (forte croissance économique). Le contrôle budgétaire autorisait alors une délégation accrue et facilitait la croissance de la grande entreprise autant quil laccompagnait. Comme lont montré de nombreuses recherches, les fonctions du budget sont multiples et souvent contradictoires. Le contrôle budgétaire peut être utilisé de différentes manières selon la conception que sen font les dirigeants et les difficultés quils rencontrent dans leur gestion quotidienne. Ces comportements peuvent êtres interprétés en terme de management stratégique. Cette dernière variable apparaît alors comme lélément permettant de définir trois idéaux types dutilisation du contrôle budgétaire : contrôle-prévision, contrôle-coordination et contrôle-évaluation. |
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BOULLET Daniel Entreprise et environnement en France de 1960 à 1990 : les chemins dune prise de conscience |
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Thèse de doctorat dhistoire contemporaine de Paris X-Nanterre, soutenue en 1999, dirigée par Alain PLESSIS. La prise de conscience de limportance des questions ayant trait à la protection de lenvironnement est manifeste aujourdhui en France dans le monde des entreprises. Le travail entrepris vise à reconstituer dans le temps la genèse de ce phénomène, à dégager les étapes qui ont pu marquer depuis les années 50 jusquà 1990. Il sefforce den déterminer les facteurs : ceux qui sont à rechercher à lextérieur des entreprises, dans laction des pouvoirs publics et dans les évolutions de lopinion, mais aussi ceux qui se sont développés à partir du sein même de lindustrie ; ceux qui témoignent de dynamiques trouvant leur source en France même et ceux qui, en un temps marqué par la construction européenne et par linternationalisation croissante des économies, portent la marque dinfluences étrangères ou internationales. Une première partie (avant 1960) recense les fondements anciens sur lesquels a pu sappuyer lattention portée à lenvironnement industriel : ancienneté des règles de droit (droit des établissements, droit de leau) applicables aux entreprises, capable de les avoir dotées dune expérience juridique et administrative néanmoins limitée par les lacunes dont lapplication réelle des textes a longtemps fait preuve ; existence dans beaucoup de sociétés industrielles dune certaine expérience du voisinage (pêcheurs, agriculteurs, citadins, sportifs), forme encore embryonnaire à laquelle sest longtemps limitée lappréhension des phénomènes dopinion ; repérage, pour une époque marquée dans lindustrie par la rareté des motivations internes à agir pour lenvironnement, de celles qui avaient déjà pu émerger, même encore faiblement, pouvant deviner en elles différents types de motivations capables doffrir un fort potentiel de développement, et donc déclairer diverses évolutions ultérieures (sécurité, hygiène, utilisation de lénergie, utilisation de leau, productivité). À la fin de ces temps pré-environnementaux, les années 1950 offrent plusieurs signes de changement. Une deuxième partie, consacrée aux années 1960, commence par létude dun tournant chronologique, entre 1958 et 1961, dont lorigine est double : développement des préoccupations relatives à la pollution atmosphérique et nécessité de fixer une nouvelle politique de leau. Ses effets ont été inégaux, plus importants pour leau que pour lair. Grâce à lui, sous leffet également de la catastrophe de Feyzin, une véritable politique de lenvironnement simpose, où les pouvoirs publics tiennent le rôle principal. Ceux-ci se sont montrés néanmoins systématiquement soucieux de proposer aux entreprises un modèle partenarial, source à la fois de lenteur et de continuité dans leur adaptation. Lopinion connaît dans le même temps diverses mutations, intéressant spécialement les appréhensions des espaces de vie et de loisirs, qui se révéleront à terme importantes pour le monde industriel, même sil les a peu perçues sur le moment. Une troisième partie, la principale du travail, est consacrée aux années 1970-1990. Létude les divise en trois temps. Les années 1970/1976-77 sont celles de lavènement brusque de lenvironnement : retentissement dans des secteurs importants de lopinion du mouvement international de prise de conscience face à la dégradation de lenvironnement, dans un contexte qui reste marqué par la proximité des événements de 1968 et la sortie de la décennie gaullienne sous la conduite de Georges Pompidou. De multiples manières (sur des produits, sur des sites ou dune manière générale), lindustrie sest trouvée interpellée : parmi des réactions contrastées, les attitudes dadaptation dominent néanmoins, grâce à quoi certaines en sont venues à prendre en propre des initiatives variées. Les années 1976-77/1983-84, marquées par dimportantes difficultés économiques, amènent à sinterroger sur limpact, réel mais néanmoins limité, de la crise sur la prise en compte de lenvironnement. Ces années ont en effet correspondu à un temps dapprofondissement des pratiques relevant du souci de sa protection, auquel tout un ensemble de mutations ont contribué : développement du droit et de la jurisprudence de lenvironnement, émergence de nouvelles techniques, affirmation du risque technologique majeur et transformations du mouvement écologiste. Le reste des années 1980 jusquà 1990 voit une accélération de toutes ces évolutions. Une raison en est le renforcement du poids, pris dans la vie des entreprises, par le risque industriel majeur. Mais au-delà, tout se conjugue à partir du milieu des années 80, pour amener un nombre croissant dentreprises à prendre conscience, dans un contexte de plus en plus international, de la triple nécessité réglementaire, sociologique et économique de la prise en compte de lenvironnement par lindustrie. Dorigine principalement française, ladaptation des entreprises aux nécessités de la protection de lenvironnement a découlé de décisions prises par les pouvoirs publics au cours des années 60. Cette dynamique française sest cependant renforcée au fil des ans dune deuxième dynamique, dorigine extérieure au pays. La source dinfluence majeure est toujours demeurée celle de lÉtat, même si des pressions temporaires de lopinion ont pu le conduire à franchir telle ou telle étape : dun cap maintenu avec souplesse mais avec suffisamment de constance, les entreprises ont pu tirer des repères assez clairs pour entamer et poursuivre leur évolution face aux questions environnementales. Nombreuses sont même celles qui en sont venues à tenter de tirer avantage de cette évolution. Trois observations supplémentaires se dégagent du regard porté au cours de ce travail sur lhistoire de lenvironnement industriel en France : - lobligation dabord de remettre en cause lidée générale, fréquemment exprimée, dun retard français en matière de protection de lenvironnement, qui, du point de vue de lenvironnement industriel ne saurait être admise sans nuance. - La constatation dune relative imperméabilité du sujet aux aléas des conjonctures, tant politiques quéconomiques, celles-ci nayant guère occasionné que des retards ou des accélérations, mais jamais de très profondes remises en cause. Sans doute est-ce le signe dun ancrage devenu assez solide de ces questions dans le pays et jusque dans la vie quotidienne des entreprises, ce qui ne signifie évidemment pas que le terme donné à cette étude doive être regardé comme la marque dun quelconque accomplissement dune évolution achevée. - La nécessité de relativiser limpression positive tirée des remarques précédentes : il est permis de se demander si la réussite relative que lon a pu observer na pas été acquise au prix dune certaine réduction des objectifs fixés à la protection de lenvironnement, le plus souvent envisagé sous langle limité de la lutte contre les nuisances et les pollutions. Les questions plus larges, qui tiennent à la qualité de la vie des hommes autant quà la qualité de lenvironnement naturel métrologiquement contrôlé, nont-elles pas été pour une part un peu délaissées, la question valant pour le corps social tout entier et évidemment pas pour les seules entreprises, mais valant pour elles tout de même aussi. |
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CAILLUET Ludovic Stratégies, structures dorganisation et pratiques de gestion de Pechiney des années 1880 à 1971 |
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Thèse de doctorat en histoire de l'université Louis Lumière Lyon II, soutenue en 1995, dirigée par Henri MORSEL. Prix de la European Business History Association Peu de travaux de recherche ont été consacrés, en France, à l'histoire des modes d'organisation et aux techniques de conduite de la firme industrielle au XXe siècle. L'école anglo-saxonne de la business history, dont la figure emblématique est le professeur Alfred D. Chandler Jr, a fourni des apports méthodologiques et documentaires essentiels quant à l'influence réciproque dans la grande entreprise des stratégies, des structures et des instruments de la gestion. Cependant, ce courant utilise un modèle et un milieu très spécifique, celui de la grande entreprise américaine émergente de la fin du XIXe siècle. Il a certes étendu ses recherches aux entreprises européennes et aux périodes postérieures à la Première Guerre mondiale; mais, la France, parce que ses historiens s'intéressaient peu au fonctionnement de l'entreprise, a été jusqu'à présent le parent pauvre de telles synthèses. Or, nous pensons qu'il existe un modèle français d'évolution des structures et de la gestion des entreprises au XXe siècle. Les firmes dans ce pays ont emprunté souvent aux modèles américains mais n'en sont pas devenues pour autant des copies organisationnelles. L'environnement politique, social et concurrentiel particulier à l'hexagone conditionne un ou des modèles dotés de caractères propres. L'étude de l'évolution des stratégies, des structures et des pratiques de gestion de Pechiney entre les années 1880 et les années 1970 permet d'observer la formation de capacités fonctionnelles d'organisation spécifiques à la grande entreprise industrielle en France. En diversifiant ses productions, en multipliant ses établissements en France et à l'étranger, la firme s'est dotée de nouvelles fonctions d'administration chargées de la constitution d'instruments de gestion, mais aussi responsable de la conception et de la maintenance de ses systèmes d'information. La place des directeurs et des cadres salariés est essentielle dans ce développement des fonctions commerciales, financières, comptables et logistiques. Les modèles d'organisation utilisés ont varié et ont été adaptés aux contraintes spécifiques de commercialisation et de production de la chimie et de l'aluminium. Pechiney (alors Henry Merle et Compagnie, du nom de son fondateur) fut créée en 1855 par des industriels et des banquiers lyonnais pour produire de la soude. Au cours du XIXe siècle, l'entreprise multiplia ses productions chimiques et, poussée par la concurrence due aux évolutions du système électrotechnique, transforma nombre de ses procédés par l'électrochimie. Dans la période 1880-1914, la croissance et la diversification des implantations et des produits conduisirent à la constitution d'un corps intermédiaire entre le capitaliste et l'usine. Il s'agissait de l'arrivée difficile à l'existence de salariés n'ayant pas d'intérêts patrimoniaux dans la firme mais qui en maîtrisaient les rouages au point d'avoir le pouvoir de fixer sa destinée au même titre de légitimité, et bientôt à un titre plus élevé que ses propriétaires. Avant l'explosion d'août 1914, les principales entreprises industrielles du secteur de l'aluminium, Pechiney (PCAC) et Froges (SEMF), étaient déjà des structures évoluées, libérées de la tutelle de l'usine-mère, peuplées de quelques spécialistes fonctionnels coordonnant les activités sous la responsabilité d'un directeur général salarié. L'un des facteurs dominants de structuration fut alors celui du procédé et de ses contraintes, primat de la production oblige, mais également de la physionomie internationale des marchés La Grande Guerre, avec l'intervention de la machine administrative, allait exiger de ces entreprises une formalisation forte de l'information financière et technique ainsi qu'une démultiplication de leurs moyens de communication et une amélioration considérable de leur capacité à mettre en uvre rapidement des projets complexes. Les corps techniques de l'administration et de l'Armée fournirent des cadres et un modèle d'organisation des structures et de gestion de l'information. Le processus de concentration des entreprises des années 1920 fut l'occasion des premières opérations de croissance externe qui intégraient la fusion de deux organisations administratives évoluées, au-delà de la simple assimilation d'outils industriels. Dans l'entre-deux-guerres, une gestion administrative systématique fut mise en uvre. Ici encore les outils précédèrent les structures formelles nouvelles. La rationalisation était rendue nécessaire pour harmoniser la circulation ascendante de l'information vers un centre qui s'éloignait de plus en plus de sa périphérie. Au prix d'un système élaboré de contrôle et de coordination à distance, Pechiney (Alais, Froges et Camargue ou AFC depuis 1921) se développa alors sous la forme d'un groupe, en créant de très nombreuses filiales en France et à l'étranger. Le pilotage de structures juridiques autonomes de droit étranger, la couverture des risques de change, les contrats d'assistance technique sont des acquis de cette période. A défaut d'être enseignée dans les écoles, la gestion prit son inspiration dans le monde de la production. Son apprentissage était empirique. Il passa par l'adaptation du seul modèle disponible, celui de l'organisation scientifique du travail, par le biais des associations et des publications professionnelles. L'organisation confondit alors souvent rationalisation et mécanisation dans le souci d'améliorer la rapidité et le coût des systèmes administratifs dans la firme. La structuration de l'organisation par l'environnement (conjoncture, économie organisée, modification du paysage concurrentiel) fut illustrée par la Seconde Guerre mondiale et les années postérieures. La grande réforme de 1946-1948, avec l'organisation décentralisée et le contrôle budgétaire, nous donne à voir l'importation massive de concepts américains de gestion dont l'hybridation est largement favorisée par l'atmosphère de la victoire et le pragmatisme des consultants choisis. Les grands projets outre-mer qui suivent à partir de 1954 fournissent une nouvelle phase cognitive orientée vers la compréhension d'autres cultures des affaires grâce aux partenariats internationaux. Cet apport de pratiques hétérodoxes fut largement favorisé par la diversification du recrutement des cadres supérieurs dans la haute administration et le milieu ministériel, imposée par l'intervention de l'État dans l'économie. La grande mutation des années 1960 concerna la concentration de l'industrie française de la transformation des non-ferreux. Elle correspondait à la création du Marché Commun et à l'ouverture de la France à la concurrence mondiale. La Compagnie était alors devenue à la fin des années 1960 le Groupe Pechiney, métallurgiste intégré qui absorba ses clients traditionnels, transformateurs de métaux. Les instruments de gestion nouveaux exigés par ce changement, marketing et contrôle général de gestion, furent acquis auprès du consultant Mc Kinsey. La conjonction des apports étrangers et de l'expérience tirée de la coopération avec les banques d'affaires au moment des grands investissements internationaux font apparaître Pechiney, en 1970, comme une entreprise dont les méthodes de gestion et le caractère international forment les meilleurs atouts. Avec la constitution, en 1971, du groupe Pechiney Ugine Kuhlmann, l'entreprise perd sa stratégie, ses qualités d'initiative et ne peut résister à la crise mondiale qui s'annonce. En 1975, un premier bilan de la gestion conglomérale conclut que la seule facette de l'organisation qui résiste à la crise est celle résultant de la diversification géographique de Pechiney dans les années 1960... Les structures et les instruments de gestion perdent de leur validité lorsqu'ils sont coupés d'un dispositif global de stratégie intégrée. |
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FROUARD Hélène Les politiques patronales de logement en France (1894-1944) : de l'initiative privée au devoir national |
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| Thèse
pour le doctorat d'État en Histoire de l'art de l'Université
Paris I-Panthéon Sorbonne, soutenue en 2003, dirigée par Danièle
VOLDMAN. Dès le XIXe siècle, les entreprises françaises se lancent dans des programmes de construction de logements destinés à leur personnel (manuvres et ouvriers, mais aussi à plus petite échelle contremaîtres et cadres). Ces programmes sont indispensables pour attirer et stabiliser une main-d'uvre nécessaire. Dans le contexte d'une société libérale, cette pratique n'est pas encadrée juridiquement et se caractérise par son caractère discrétionnaire et par la toute-puissance patronale en la matière. Ces politiques patronales de logement perdurent durant la première moitié du XXe siècle, évoluant toutefois considérablement sous l'influence de plusieurs facteurs. L'intérêt grandissant du corps social pour le logement nourrit une critique croissante de ces réalisations patronales, tant en raison de la fragilité du statut de leurs occupants que de leur fréquente mauvaise qualité architecturale. L'État, qui tente à partir de la loi de 1894 de remédier à la crise du logement grâce à la promotion des habitations à bon marché, contribue lui aussi à l'évolution en cours. Prenant acte de l'importance de la promotion patronale (plus de 300 000 logements disponibles en 1931), il s'interroge sur l'opportunité de taxer les entreprises pour financer la construction d'habitations et de contrôler leur pratique. Les industriels, inquiets de ce qu'ils perçoivent comme une remise en cause de leur liberté d'action, expérimentent timidement de nouvelles formes d'action dont la plus aboutie est celle du Comité interprofessionnel du logement de Roubaix-Tourcoing, précurseur de la loi de 1953 qui obligera les industriels à invertir 1 % de leur masse salariale au financement de la construction. Enfin, les formes architecturales elles-mêmes évoluent, accompagnant ainsi les évolutions politiques. |
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GANEM Pierre-Henri Stratégies contractuelles des firmes aux fins de "sécurisation" d'investissements internationaux et volontarisme politique des États comme forces créatrices de droit dans les rapports transnationaux La pratique des grandes firmes d'aluminium dans le montage et la réalisation de projets miniers et métallurgiques principalement en Afrique (1953-1994) |
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Thèse pour le doctorat d'État en Droit de l'Université Paris X-Nanterre, soutenue en 1994, dirigée par Alain PELLET. Dans le cadre des grands projets internationaux miniers et/ ou industriels, les firmes promotrices de ceux-ci déploient de "véritables stratégies contractuelles aux fins de 'sécurisation' d'investissement international" constituant le versant juridique de leurs stratégies de gestion et à bien des égards la clé de voûte de celles-ci. Elles doivent pour cela composer, en particulier face aux bailleurs de fonds qui leur demandent des garanties et sûretés nombreuses et élaborées. L'étude de ces projets nécessite donc le dépassement des seules "conventions d'établissement" ou "contrats d'État" firmes-État d'accueil afin d'examiner, à la fois, ces contrats (première partie) et ceux du montage juridico-financier proprement dit (deuxième partie), l'ensemble étant considéré comme une globalité ou une totalité. Le propre des différents contrats structurant ces grands projets étant de s'inscrire dans la durée et de ne pas évoluer, tout au contraire, dans un vide politique, économique et social, le dernier aspect, fondamental de la recherche (troisième partie) est le suivi des ensembles contractuels. La recherche est centrée sur des grands projets de la filière aluminium, principalement en Afrique du fait du rôle essentiel, au sens des forces créatrices de droits décrites par Georges Ripert, joué par les grandes firmes d'aluminium et, dans l'ensemble de droit francophone ou de "jurifrancité" (pays dont le droit est inspiré du droit français mais dont la langue officiel n'est pas le français) par Pechiney en particulier. Dans un contexte francophone, l'étude d'un projet minier de bauxite et de sa transformation en alumine - Fria en Guinée - et un projet électrométallurgique - Edea au Cameroun - ont été sélectionnés. Dans le cadre anglophone, un autre projet électrométallurgique d'aluminium - la rivière Volta au Ghana - permet un éclairage comparatiste entre les deux systèmes de droit. |
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HACHEZ-LEROY Florence LAluminium Français, instrument dune stratégie de groupe (1911-1960) |
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Thèse de doctorat d'histoire de l'université Paris IV-Sorbonne, soutenue en 1995, dirigée par François CARON. Les ententes et cartels sont des formes controversées de relations entre entreprises. Leur objet peut être divers, du simple accord de prix entre producteurs à un contrat entre clients et fournisseurs. Leur forme prête à une plus grande confusion encore. Le comptoir de vente fut le plus fréquent en France au début du XXe siècle, à la faveur dune complaisance du pouvoir politique et dune certaine idée de rationalisation du marché. LAluminium Français, créée en 1911, sinscrit dans cette idée de réguler un marché encore étroit et soumis à de fortes variations de prix et de consommation. LA.F. est un cas élaboré spécifique, lié au métal lui-même. La vision endogène des cartels est marginale alors quelle permet de mieux cerner les effets sur les entreprises participantes, et ouvre de nouvelles perspectives. Si lon considère traditionnellement que cartel et malthusianisme des entrepreneurs sont liés, létude plus particulière de LA.F. permet de nuancer le propos ; le cadre de la monographie dentreprise est dépassé et privilégie celui dun secteur, et suit un processus de croissance aboutissant à lorganisation monopolistique dun marché. La mission de L'A.F. était de développer le marché français de laluminium, inexistant en 1911. La stabilité des prix fut le premier acquis et permit aux industriels de dégager des profits pour les réinvestir en commun. Parmi les premières réalisations de LA.F., deux sont significatives de la complexité de sa tâche et des intentions de ses créateurs : la construction dune usine de transformation daluminium, à Chambéry, et dun site de production et de transformation aux États-Unis. Ce dernier fut le plus ambitieux projet de LA.F. et des producteurs français jusquaprès la Seconde Guerre mondiale. Il était lié à la mise au point dun nouveau procédé de fabrication de lalumine qui devait diminuer le coût de fabrication de laluminium. Les Français espéraient concurrencer les Américains. Ce fut le plus important programme dinvestissements français outre-Atlantique avant la Première Guerre mondiale, qui échoua à cause de celle-ci. Il mettait en évidence linternationalisation précoce des échanges, en raison de la forte inégalité de développement des marchés. La concurrence mondiale, très tôt vigoureuse, avait déjà abouti, en 1901, à la création dun cartel international auquel participaient les deux plus importantes sociétés françaises : la S.E.M.F. et la Cie P.C.A.C. La rivalité entre producteurs étrangers faisait craindre aux Français des tentatives de contrôle de leurs entreprises, notamment par les Allemands. Le financement de projets industriels fut lun des moyens pour LA.F de contrôler et développer le marché. La création de lusine de Chambéry était nécessaire à cause de la réticence des transformateurs de cuivre à travailler laluminium. À partir de 1919, la politique de recherche systématisée de LA.F contribua à développer les connaissances sur le métal et ses alliages, les procédés et les outils de façonnage. Les moyens de L'A.F. furent développés en conséquence : les services techniques constituèrent une structure efficace et organisée à partir des années trente. Par ailleurs, la société investit dans de nombreuses entreprises industrielles. Cette stratégie de participation évolua selon les époques, guidée par les décisions de la Cie A.F.C. Avant cela, au sein de LA.F., un processus de concentration horizontale fut mené par P.C.A.C., qui absorba trois de ses concurrents et s'acheva par la constitution, en 1921, d'A.F.C., le plus gros producteur européen à cette date. LA.F. devint une des filiales d'A.F.C. qui possédait 80% du capital, et ses services furent intégrés aux structures du producteur de métal. Ainsi, bien qu'il y ait eu une participation de la Société dUgine (20%), LA.F. fut linstrument stratégique du développement de Pechiney. Au fil du temps, le cartel était devenu une simple société commerciale. Lémergence de la fonction commerciale, à LA.F., fut significative dune réelle volonté dadaptation des structures aux besoins du marché. Il en est de même de la place importante donnée à la propagande. LA.F., plus quune société de vente, fut loutil commercial dA.F.C. Peu de cartels réussirent à évoluer et à sadapter aux contingences économiques et politiques sur une aussi longue durée. Comment expliquer une telle longévité ? La nature particulière de lindustrie et du marché de laluminium fut déterminante : un petit nombre de producteurs contraints dagir rapidement pour développer leurs ventes et assurer le développement de leur entreprise, et une industrie très coûteuse en terme dinvestissements, où toute forme de partenariat était profitable à chacun. La personnalité de quelques hommes, au sein de la même société, impulsa une vision nationale et internationale à long terme, que les autres sociétés neurent pas lopportunité ou la chance de posséder. Le charisme dAdrien Badin fut essentiel et lusage quil fit du cartel fut une véritable innovation de structure. Elle lui permit de faire prendre conscience à ses confrères de la nécessité de sunir. La mise en place dune société aussi élaborée que LA.F. préfigurait de ce que pouvait être une seule entité. En imposant lidée dun regroupement, LA.F., organisme fédérateur, favorisa la stratégie de concentration P.C.A.C. Parallèlement, A. Badin entreprit de donner une dimension internationale à lindustrie française, par son projet aux États-Unis et sa participation au sein des ententes internationales successives. A sa mort, cette dernière ambition fut reprise par Louis Marlio. Enfin, la capacité des dirigeants à adapter régulièrement les structures de leur société aux modifications et besoins du marché fut déterminante : elle permit le passage en douceur du cartel à la société commerciale. En intégrant LA.F. dans lorganigramme de ses services, la Compagnie A.F.C. réalisait des économies mais, surtout, elle lui donnait la possibilité de se consacrer à la recherche et au développement commercial. Les limites chronologiques de létude - 1911 au début des années soixante - se justifient, au début, à la fois par un contexte de crise économique durement ressentie par les sociétés productrices daluminium, par une situation internationale tendue avec rupture du cartel international et par la création de LA.F. À la fin, elles correspondent à dimportants changements à la fois dans les conditions générales du marché en France et dans le monde, et dans les choix stratégiques internes aux entreprises. Les négociations douanières internationales, la fin de la guerre de Corée provoquant une surproduction américaine et un afflux de métal en Europe, ainsi que les perspectives du Traité de Rome, créèrent des conditions tout à fait nouvelles. Le marché français, jusque-là protégé, fut alors ouvert à la concurrence tandis que les ententes traditionnelles qui régissaient lensemble de léconomie française étaient remises en cause. En conséquence, Pechiney fut contrainte de reconsidérer sa propre structure et ses choix de développement. Laccent mis sur la production jusquà la fin des années cinquante savérait dès lors insuffisant. Le contrôle de la transformation devenait désormais un enjeu essentiel pour sassurer des débouchés et asseoir sa puissance, au regard des Américains qui prenaient pied en Europe en rachetant des entreprises. Au centre des relations producteurs - transformateurs/clients, LA.F. était dans lil du cyclone. Ses compétences sen trouvèrent diminuées au début des années soixante ; une nouvelle époque, radicalement différente, souvrait. La création de LA.F. intervint en 1911, alors que les producteurs français étaient soumis à des pressions internes (lhostilité des transformateurs et létroitesse du marché) et externes (concurrence internationale et tentatives dimplantation allemandes) mais il fallut le choc de la Première Guerre mondiale pour que ses structures saffirment et que le principe de son existence soit acquis. À partir de 1919 jusquà la fin des années vingt, LA.F. concentra son activité sur la recherche technique, mais sans véritable programme de développement, sans définir de priorités de développement. Cette époque fut celle dinitiatives dynamiques liées à la forte croissance du marché. Mais une certaine confusion des fonctions avec A.F.C., déterminèrent cette dernière à définir de façon plus précise les compétences de chacune. LA.F. entra dans une troisième phase où les pratiques commerciales saffirmèrent ainsi quune méthode plus rigoureuse dans la recherche technique. Du début des années trente au début des années soixante, un dynamisme était créé qui unissait à la fois les fonctions de recherche et les fonctions commerciales. De nouveaux procédés et méthodes de travail étaient intégrés tels que les statistiques, la formation, ou les campagnes de propagande à destination dun large public. |
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LARRUE Jacques Fria en Guinée, première usine dalumine en terre dAfrique, des stratégies originelles de 1957 aux perspectives de lan 2000 |
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Thèse de doctorat en Droit, l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne soutenue en 1994, dirigée par Étienne LE ROY. Fria est le lieu d'implantation de la seule usine de production d'alumine existant en Afrique au sud du Sahara. Créée entre 1957 et 1960 par le groupe industriel français Pechiney, pour être le vecteur d'une nouvelle politique d'industrialisation, elle devint treize ans plus tard, sous la forme d'une société d'économie mixte l'exemple d'une nouvelle promesse de développement. Cette aventure juridique et économique ne pouvait être menée à bien qu'à partir du moment où, dans un contexte socialiste ayant rompu avec la France, l'ensemble des acteurs, Guinéens et étrangers, acceptaient de s'impliquer dans un nouveau processus de relation au sens anthropologique du terme. Au cours de ce long processus, il y a toujours eu un double discours et donc une double interprétation dans ce qui était dit et dans ce qui était fait. Les deux parties, industriels et gouvernement guinéen, ont toujours agi comme si les problèmes n'existaient que parce qu'ils devaient (ou pouvaient) être résolus. Les perspectives pour l'an 2 000 reflètent une grande continuité car après le changement de régime de 1984 et même si le libéralisme est revenu en force, l'enjeu dépasse désormais la seule production d'un produit semi-fini. La fin du siècle, avec le retour de l'énergie hydroélectrique peut donner à la Guinée de nouvelles raisons d'espérer. |
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LE ROUX-CALAS Muriel Évolution des stratégies de recherche dune grande entreprise française : Pechiney 1886-1975, le cas de laluminium |
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Thèse de doctorat d'histoire de l'université Paris IV-Sorbonne, soutenue en 1994, dirigée par François CARON. Prix de lInstitut dhistoire de lindustrie Pechiney a-t-elle été une entreprise spécifique en matière de stratégie de recherche ? Suivre, sur presque un siècle, la genèse d'une activité qui, aujourd'hui, est un élément intégré de la stratégie de la firme, permet de percevoir les enjeux formés autour de la R&D. L'acception la plus large de la notion de recherche a été retenue. En outre, ce n'est pas le lieu qui conditionne l'action de chercher. La définition du laboratoire est différente selon les périodes. L'analyse de cette évolution est l'un des axes majeurs du travail. La logique du plan retenu, analysant les structures de la recherche, se justifie par la volonté d'étudier la totalité de la filière industrielle (alumine, aluminium, transformation). Or, cette branche emprunte ses référents techniques à trois systèmes différents : au système chimique, pour la fabrication de l'alumine ; au système électrique, pour la fabrication de l'aluminium ; au système métallurgique, pour la transformation du métal et de ses alliages. L'étude des organisations souligne la succession de trois mouvements intéressant la recherche. Il y eut d'abord le temps de la genèse et du primat de l'inventeur (1886-1921), il y eut peu de différences entre la France et les États-Unis. Vint ensuite, le temps de la cristallisation des structures de recherche et du primat des ingénieurs de production ; l'entre-deux-guerres fut par excellence le temps de la spécificité française. Celle-ci se dissout progressivement après la Seconde Guerre mondiale. La dernière séquence (1945-1975), est celle de la redécouverte du modèle américain. Les ingénieurs de production se sont peu à peu trouvés dépossédés de leur prérogatives de recherche au profit des professionnels, les ingénieurs scientifiques. La raison de ce décalage est que les États-Unis étaient entrés dans l'ère de la production de masse avant la France. À cela a été associée la standardisation qui a touché l'ensemble des fonctions de l'entreprise. La recherche n'y a pas échappée. La spécificité française tient en deux faits : l'originalité de la structure non standardisée de l'industrie et la nature du personnel employé. Cette structure a favorisé le foisonnement créatif, grâce à la multiplicité et à la diversité des sites de production. Chaque lieu était un lieu potentiel d'innovation. Le lien entre les innovations s'est fait par l'intermédiaire des cadres tous ingénieurs. Cette spécificité a créé un décalage chronologique par rapport aux États-Unis dans la mise en place des structures de recherche standardisées. Pour autant, ce décalage n'a pas été synonyme de retard économique. Le contrôle de la technique conférait aux électrolyciens un pouvoir fondé sur leur compétence et leur savoir. Il a joué dans deux directions : il a été un agent de résistance à la normalisation des pratiques de recherche, mais il a aussi été un vecteur de progrès. De fait, cette résistance est historiquement justifiée car, aujourd'hui, l'ingénieur polyvalent, agissant sur la production et la recherche, a disparu. En ce sens, c'est bien le facteur humain qui est à l'origine de la spécificité française. |
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LESCLOUS René Genèse et évolution des sites producteurs daluminium. Essai dinterprétation des choix stratégiques de Pechiney et de leur mise en uvre (1893-1972) |
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Thèse de doctorat dhistoire de lÉcole des Hautes Études en Sciences Sociales, soutenue en 1997, dirigée par Patrick FRIDENSON. À travers le cas de laluminium nous avons voulu étudier limplantation des sites industriels. La production daluminium comporte deux stades essentiels : celui de lextraction de lalumine à partir du minerai, la bauxite ; et celui de lextraction du métal à partir de lalumine. Nous nous sommes volontairement limités à létude du deuxième stade, celle du premier serait la bienvenue. Elle reste à faire. Nous avons dabord précisé les conditions spécifiques de la production daluminium. En fait, les critères utilisés par les producteurs pour choisir les sites délectrolyse découlent des principaux composants du prix de revient : électricité, matières premières, position logistique, pérennité des conditions économiques de départ. Cinq sites de référence, construits par Pechiney, ont été retenus suivant la méthode considérée : - 1892-1921 : « lenvol incertain ». Nous avons étudié La Praz, première usine démarrée en 1893. - 1922-1950 : « lélan brisé ». Nous avons choisi le site de Champagnier près de Grenoble. La crise de 1929 condamnera ce projet qui ne sera jamais réalisé. - 1951-1972 : la demande explose, la recherche de sites se mondialise. Ce seront : - de 1951 à 1958 : « laventure africaine » avec Édéa. - de 1959 à 1972 : « le rêve américain » avec Eastalco et le rééquilibrage en Europe avec Pechiney Nederland (PNL). La capacité des sites est passée de 3000t/an en 1893 à 25000 tonnes (programmées) pour Champagnier puis à 50000 tonnes pour Édéa. La capacité dEastalco et de PNL est de 170 000t/an. À partir de 1978, naît une génération dusines dont la capacité dépasse 200 000 tonnes pour atteindre maintenant près de 500 000 tonnes. Une grille détude unique a été appliquée à ces cinq sites, qui comporte les points suivants : - état du monde de laluminium à lépoque considérée - examen des « atouts » de Pechiney, santé financière, sommet stratégique, compétences - chemin vers la décision stratégique - décision stratégique et choix du moment - réalisation, projet, financement, chantier, bilan - bilans du site, bilan financier, évolution - enseignement à tirer de chaque cas. Nous avons finalement tenté dexpliquer la prodigieuse croissance de la consommation daluminium à travers celle des sites producteurs. Pour cela, il nous a fallu cerner la « nature économique » de ce métal. Ce sont ses qualités propres mais surtout sa sensibilité au progrès technique qui ont autorisé la grande diffusion de laluminium. Le progrès technique a permis : - détendre les applications grâce surtout aux alliages dont les principaux sont lAlpax et le Duralumin - dabaisser très fortement le prix de revient. Ainsi, laluminium a pu profiter des phases dexpansion des cycles économiques longs mais aussi lutter efficacement contre ses principaux concurrents : la fonte, le cuivre, lacier non allié, les matières plastiques. Pour un produit aussi dynamique, le respect continu de léquilibre offre-demande nest pas facile. La quantité supplémentaire quun producteur peut mettre sur le marché sans casser les prix (lincrément commercial) doit être soigneusement pesé. La baisse du prix de revient est une véritable obsession pour le producteur. Grâce au progrès technique on peut, dune part gagner sur les principales consommations (électricité, matières premières, main-duvre), et dautre part abaisser les amortissements et les frais fixes en augmentant constamment la taille des cuves et celle des séries. La « taille économique » des usines, celle qui permet à un moment donné dobtenir le meilleur prix de revient, se trouve fortement augmentée. Dans lindustrie de laluminium, lhistoire dun producteur est fortement marquée par la corrélation entre la « taille économique » et son « incrément commercial ». La position logistique du site choisi vis-à-vis des sources délectricité et de matière première joue un rôle essentiel. Ainsi se trouve établi le lien entre la production daluminium et lespace. Léquipement des sites exige des capitaux considérables. Pour les amortir, il faut du temps et une certaine pérennité des conditions économiques de départ. À ces contraintes sajoutent celles du cycle économique long. Il y a un lien très fort entre la production daluminium et la durée. De fait, la vie des sites sétale sur quatre-vingt-dix ans pour les plus anciens. Le métier de producteur daluminium est un métier de « paysan ». Il consiste à transformer des « poules aux ufs dor », gisements de bauxite et sources délectricité à bon marché bien situés, en « vaches à lait », usines productrices, passée la période de récupération du capital, quil faut maintenir en vie le plus longtemps possible. Laluminium aurait pu nêtre quun métal secondaire comme le magnésium ou le titane. Laction des « sommets stratégiques » (Chandler) successifs a forgé son destin. Lefficacité et la continuité de laction des hommes de laluminium force le respect. |
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PEZET Anne Les fonctions des instruments de la décision dinvestir : contribution à une technologie de linvestissement |
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Thèse de doctorat de luniversité de Paris IX-Dauphine, soutenue en 1998, dirigée par Bernard COLASSE. Prix 2000 de la Fondation nationale pour lenseignement de la gestion Lobjectif de cette thèse est double : dégager, au travers dune analyse longitudinale, les fonctions pratiques dune instrumentation de linvestissement et construire, à partir de treize cas tirés de létude longitudinale, un modèle opérationalisable de gestion de linvestissement. Une rigoureuse application de la méthode historique sous-tend cette recherche pour déboucher sur des hypothèses théoriques. Létude de la vie dune instrumentation de gestion centenaire, chez Pechiney, dévoile trois fonctions latentes pour des critères de choix dinvestissement traditionnellement perçus comme rationalisateurs de décision : fonction publique, fonction culturelle et fonction rhétorique. Au-delà de ces usages instrumentaux, lanalyse de la gestion de linvestissement révèle les différents espaces dans lesquels la décision évolue. Loin dêtre un acte isolé, linvestissement est « encastré », selon lexpression de Mark Granovetter, dans des espaces où le choix prend des formes différentes : choix binaires quand la décision appelle une réponse positive ou négative, choix des modalités quand il sagit de déterminer les caractéristiques de linvestissement et, enfin, recherche dune légitimité quand il faut convaincre de son bien-fondé économique mais aussi social ou institutionnel. |
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VINDT Gérard Histoire sociale dune entreprise : la compagnie Pechiney (1921-1973) |
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Thèse de doctorat en histoire de l'Université Paris X-Nanterre, soutenue en 1999, dirigée par Alain PLESSIS. Cette histoire sociale s'inscrit dans l'historiographie des entreprises qui n'a pas tenté jusqu'à présent une telle histoire sociale globale. Elle s'inscrit aussi dans l'historiographie du social et ses questionnements actuels sur les rapports entre les individus et des groupes sociaux à redéfinir. Chemin faisant, elle rencontre les pistes ouvertes par la sociologie autour des modes de régulations des relations industrielles. Mais de quelle histoire sociale s'agit-il ? D'une histoire organisée autour de la gestion sociale de la direction de l'entreprise, englobant les réalisations sociales proprement dites, les problèmes de pouvoir et d'organisation, le recrutement, la formation, les carrières, les relations travail-salaire, la sociologie des groupes, les aspects idéologiques et culturels ; cette gestion, dont il faut voir comment elle s'inscrit dans une stratégie globale, suscite des réactions individuelles et collectives qui l'influencent, en fonction des stratégies des différents acteurs. C'est, en dernière analyse, les actions et les interactions des individus et des groupes qui fondent cette histoire. Ces actions et interactions peuvent être lues à travers la notion polysémique d'autonomie, à appliquer à l'entreprise dans son ensemble comme aux individus et aux groupes sociaux : autonomie du social lui-même par rapport à l'économique et au technique ; autonomie au sens de degré de perméabilité aux influences extérieures ; enfin autonomie au sens de marge de manuvre. Cette histoire sociale se concentre essentiellement sur les usines d'aluminium métropolitaines, pour mieux évaluer le rôle des différents paramètres. Les bornes choisies sont claires, qui correspondent à la fois à des événements externes et internes : c'est en 1921 que naît AFC (Alais, Froges et Camargue) de la fusion de PCAC et SEMF, c'est en 1971 que se constitue PUK et en 1973 qu'a lieu la grève de Noguères qui clôt une période de l'histoire sociale. Par la suite, des facteurs externes et internes radicalement nouveaux s'imposent, justifiant que notre étude n'aille pas au-delà. Cette histoire sociale est parcourue par des permanences, à relativiser et nuancer cependant suivant chaque période. Citons les principales. AFC est une grande entreprise, où domine la branche aluminium, prospère sauf pendant de courtes périodes, maîtrisant ses marchés. On observe d'importantes constantes techniques et d'organisation du travail : usines disséminées au pied des chutes d'eau montagnardes, industrie de processus, à feu continu, peu intensive en main-d'uvre. La structure hiérarchique est particulièrement rigide et stable avec des ingénieurs qui « tournent », une maîtrise d'atelier formée dans des « stages d'initiation » - au moins depuis 1924 - qui la coupe de son milieu ouvrier d'origine. Les employés administratifs forment un groupe à part, où l'on rencontre, comme dans les services sociaux, un personnel féminin. Les ouvriers forment des deux-tiers aux trois-quarts des effectifs des usines, et sont majoritairement non-qualifiés : par leur origine, leur culture, leur poste et leur qualification dans l'entreprise, leur plus ou moins grande stabilité, ils forment le groupe le plus hétérogène et fondent l'originalité de chaque usine. Mais leur unité tient dans le salariat, opposé au reste du personnel, appointé ou mensuel (la mensualisation ouvrière, reconnaissance officielle d'une égalité du personnel, n'intervient qu'en 1970 en France). Une active politique sociale a toujours existé, mais la « fonction personnel », que ce soit dans les usines ou au niveau du groupe, a aussi toujours été subordonnée aux « impératifs » techniques et économiques. Il est difficile de voir dans toutes ces permanences une « culture d'entreprise », ensemble d'invariants et de représentations partagés par tous les groupes sociaux. En particulier, les cultures ouvrières sont très diverses suivant les lieux et les périodes. Si bien que l'on voit mal cette histoire sociale structurée par une étude des variations de l'adhésion à une telle culture. En revanche, la notion d'autonomie présentée plus haut est une bonne clé. Elle permet de construire une périodisation qui naît à la fois de facteurs externes particulièrement prégnants et de facteurs internes. 1921-1935 est le temps des autonomies, à commencer par celle de la direction de l'entreprise en matière de gestion sociale, la législation étant peu contraignante. La direction, dans la continuité de PCAC et SEMF, s'attache les services des appointés, largement stabilisés et dévoués à l'entreprise. Ils bénéficient d'avantages spécifiques en matière de logement, de gratification annuelle, de caisse de retraite mise en place en 1926. Leurs revenus augmenteront pendant la crise qui ne les touchera guère, si ce n'est en limitant les possibilités de promotions. Les ingénieurs sont jeunes, et la plupart des directeurs des usines électrométallurgiques, contrairement à leurs collègues de la chimie, le sont aussi, ce qui souligne la rotation des cadres et le dynamisme du secteur. Avant 1929, la main-d'uvre est par contre très instable, souvent immigrée, en particulier à Rioupéroux et L'Argentière. Saint-Jean réussit moins mal à fixer un noyau de « bons ouvriers », tout comme Auzat et Sabart. Ce ne sont pas les conditions de travail très dures, ni les faibles salaires, ni même les diverses primes qui peuvent retenir l'ouvrier. C'est plutôt la politique de logement et le service médico-social, sans équivalents dans les vallées. La crise accélère considérablement la stabilisation d'un noyau ouvrier dans la plupart des usines, alors que les ouvriers immigrés sont massivement congédiés. La reprise de 1933-35 ne verra pas un retour d'immigrés et un retour du turn-over comparables aux années 1920. 1936-1944 est le temps de la lutte des classes et de son antidote : la communauté dirigiste. Les grèves de 1936 marquent une rupture des autonomies. C'est l'irruption de l'ouvrier collectif au fond des vallées : ayant en partie abandonné son autonomie externe en se stabilisant dans l'entreprise, l'ouvrier cherche à retrouver une marge de manuvre, collectivement, à l'intérieur de l'entreprise. La direction, qui fait preuve d'une grande réactivité, cherche, en appliquant très rapidement les accords Matignon, à domestiquer le mouvement, pacifier les rapports sociaux, tout en éliminant coûte que coûte les militants « lutte de classe ». Il s'agit, avec des ouvriers maintenant relativement stabilisés, de créer une communauté qui s'appuie en particulier sur l'encadrement. Amorcée avant-guerre, cette politique peut s'épanouir sous Vichy : les syndicats éliminés, l'intense collaboration économique avec l'occupant, volontaire et en accord avec l'État français, donne des moyens de la développer grâce aux « comités sociaux » pétainistes dont AFC, à l'image du directeur Torchet de Saint-Jean, est un partisan enthousiaste. Ravitaillement tous azimuts, aide aux prisonniers, embauches, notamment de « STO » grâce au classement « Speer-Betrieb », sont autant de facettes de cette politique. 1945-1973, c'est enfin le temps des autonomies régulées. Si l'idée de communauté survit, c'est sous la forme d'une communauté librement consentie, où les syndicats, et la CGT ouvrière en particulier, doivent trouver leur place. Il s'agit cette fois d'intégrer l'ouvrier collectif et de motiver l'ensemble du personnel. La politique sociale se complexifie, la « fonction personnel », jusqu'alors diffuse, est constituée lors de la réorganisation de 1948 : c'est la Coordination des Relations avec le Personnel qui, primat de la technique oblige, aura à sa tête des ingénieurs aluminium et non des « spécialistes » comme le conseillait le cabinet américain White. La régulation des autonomies a ses instances : réunions de délégués, commissions paritaires, CE, CCE La pratique en est rendue possible par le consensus productiviste. La prime de productivité, mise en place dès 1947, en est le pivot, qui représente la plupart du temps autour de 20-30% du salaire de base dans les années 1950. De multiples « avantages » maison s'y ajoutent, bientôt consignés dans l'accord d'entreprise de 1956, tel le système de retraites complémentaires ouvrières. La stabilisation et l'intégration du personnel de chaque usine se renforcent, au-delà des espérances de la direction. Mais dès le début des années 1960, le consensus se fissure. La concurrence internationale se développe. Pierre Jouven, vice-président puis président (1968), multiplie les signaux d'un avenir plus incertain, réclamant par avance de nécessaires mobilités professionnelles. C'est se heurter à l'attachement des ouvriers non pas à Pechiney, comme les cadres, mais à leur usine. Simultanément, les syndicats ouvriers, suivis par leurs mandants, même s'ils posent toujours l'essentiel de leurs revendications en termes de revenus, posent aussi des problèmes de pouvoir nouveaux. Jusqu'alors, c'est la politique sociale et le système des relations sociales qui avaient dû s'adapter aux situations, laissant le système des relations hiérarchiques intact. Désormais, c'est ce système même qui est contesté, à travers les heurts sur l'organisation de piquets de sécurité en temps de grève et les revendications portées par la CFDT concernant d'autres relations humaines ouvriers-maîtrise. Les grèves de 1968, celles de Saint-Jean et L'Argentière en 1970-72, qui voient l'arrêt de séries, révèlent toutes ces fissures. La grande grève de Noguères de l'été 1973 n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, malgré les particularités de l'établissement. Au début des années 1970 Pechiney s'inscrit bien, avec ses spécificités, dans une crise d'un système de régulation né après la guerre. Si bien que cette dernière période 1960-73 aurait très bien pu faire l'objet d'une quatrième partie à part, au regard de la suite des événements et de la crise générale du fordisme |
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ZIMNOVITCH Henri Les calculs du prix de revient dans la seconde industrialisation en France |
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Thèse de doctorat de science de gestion de luniversité de Poitiers, soutenue en 1997, dirigée par Jean-Louis MALO. Si le calcul du prix de revient est une opération qui remonte à la nuit des temps, Marc Nikitin a montré, dans une thèse récente, que son calcul, selon les règles de la comptabilité en partie double, sest imposé en France lors de la Première Révolution industrielle. Pour la seconde industrialisation, notre thèse est que les calculs du prix de revient se développèrent selon quatre étapes. La première période, de 1880 à 1930, prolonge celle de la naissance de la comptabilité industrielle, avec un prix de revient comptable qui prétend au monopole de la vérité, sous linfluence dune profession comptable en voie de constitution. Le deuxième temps, de 1930 à 1950, est marqué par une réflexion sur une imputation plus serrée des frais généraux dans le prix de revient. Il correspond également au souci de lui voir jouer un rôle dans la régulation de léconomie via la fixation du prix de vente par une instance extérieure à la firme. Une novation qui fut portée par ce quon peut appeler des « technocrates » qui recherchaient, dans une idéologie « planiste », voire corporatiste, une réponse à la crise du libéralisme des années 30. À partir de 1950, les calculs du prix de revient entrent dans lère du management après les missions de productivité qui furent dépêchées aux Etats-Unis. À partir de là, les coûts standard se diffuseront en France, quarante ans après leur diffusion outre-Atlantique. Sans occulter les dimensions économiques ou culturelles qui peuvent justifier ce décalage, notre thèse insiste sur linfluence du corporatisme comptable et sur le succès de lidéologie corporatiste pour expliquer la quarantaine dont fut lobjet la méthode des coûts pré-établis dans notre pays. Toujours dans les années 50, ce sera au tour du direct costing de se diffuser en rance, cette méthode sera lopportunité de dépasser le calcul du prix de revient selon la partie double et de rendre le raisonnement plus perméable aux idées issues de la théorie économique, notamment aux conceptions marginalistes. |
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