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Pechiney et l’environnement, 1960-1980. Daniel Boullet


Dans les années 1970, Pechiney fut déclaré premier pollueur de France. Pourtant, la prise de conscience du problème de pollution dans l’entreprise remonte au début du siècle sur une tentative de captation des gaz à La Saussaz, en 1905. De la conscience aux actes, le véritable tournant se fit en 1960. Cette prise en compte se manifeste par la création, en 1959, d’un service captation au Laboratoire de recherche et de fabrication, à Saint-Jean-de-Maurienne. Elle aboutit, en 1971, à la mise au point du « procédé sec ». Cette initiative donna un atout à l’entreprise au moment où, jouant la carte de l’internationalisation, elle fut confrontée à d’autres législations en matière d’environnement, aux États-Unis comme aux Pays-Bas. Contrainte de développer de nouveaux systèmes, de faire évoluer considérablement sa technologie, l’entreprise dut aussi faire passer le message à l’extérieur. L’affaire des boues rouges comme celle du fluor en Maurienne l’obligèrent à réfléchir à une véritable stratégie de communication. Elle procéda alors à une intégration du paramètre environnemental dans la gestion de ses activités. Cette volonté se traduisit par un souci de formation auprès d’organismes compétents mais surtout par la signature d’un accord-cadre inédit avec l’État, en 1975.
La dynamique environnementale chez Pechiney a donc mûri d’abord dans un contexte purement français et s’est épanouie ensuite dans la confrontation avec la législation internationale.

L’aluminium par le procédé Sainte-Claire Deville, 1855-1889. Jean Plateau

La naissance de l’aluminium, sous le second Empire, est intimement liée à l’accomplissement de la deuxième révolution industrielle et aux bouleversements techniques, économiques et sociaux qu’elle engendra.
De 1855 à 1889, il fut au total produit environ cinquante tonnes d’aluminium en France, de quoi susciter l’émergence d’habitudes de consommation. P. Morin en fut le principal commerçant sur la place parisienne. Le métal léger, placé dans la catégorie des métaux semi-précieux, fut particulièrement prisé de l’industrie du demi-luxe parisien, dont la production d’« articles » était destinée à la bourgeoisie montante. L’évolution de son prix, sur ces années, montre pourtant qu’il était inférieur à celui de l’argent.
Au travers de l’étude du Bottin, entre 1855 et 1889, on obtient une vision fine des utilisateurs du métal ; les bijoutiers sont incontestablement en tête, et l’on note, dès cette époque, une grande variété d’applications : passementerie, lunettes, portemines, nécessaires de toilette, de voyage… L’identification de certains d’entre eux et de la période à laquelle ils utilisèrent l’aluminium est un indice précieux pour dater les objets retrouvés. Cette étude minutieuse offre un regard neuf sur cette époque des débuts de la commercialisation de l’aluminium, et remet en perspective la valeur réelle du métal.

« C’est pas difficile, l’aluminium est facile à travailler ». Hervé Péjaudier

Le soldat Apollinaire, au cœur des tranchées de la Grande Guerre, entretint une correspondance abondante et riche de sentiments avec des jeunes femmes ; alors que Lou et Madeleine Pagès nous étaient connues, surgit dans le monde du poète une troisième et étonnante figure : Mireille Havet. Au travers de sept lettres inédites d’Apollinaire, il est alors permis de découvrir un mode de relations complexe entre un poète reconnu et une « poyétesse » surdouée. Si la présence de l’aluminium est discrète, il n’en reste pas moins qu’Apollinaire envoya à Mireille, en juin 1915, un recueil de poèmes accompagné d’une bague en aluminium.

Le Pavillon de l’aluminium. Florence Hachez-Leroy

En 1954, Pechiney voulut fêter avec faste le centenaire de la naissance d’un nouveau matériau : l’aluminium. Pour ce faire, l’entreprise fit appel à l’un des architectes les plus fameux de son temps : Jean Prouvé. Ce choix n’était pas dû au hasard : Prouvé affectionnait particulièrement le métal léger et s’était associé au producteur par le biais de L’Aluminium Français, depuis 1947.
La manifestation donna lieu à la réalisation d’un édifice tout en aluminium et verre, qui fut installé sur le quai de la Seine à Paris. Dans et autour de ce lieu, ce fut bien plus qu’une simple exposition : des machines-outils fonctionnaient devant le public, dans une sorte de grande galerie des machines ; une salle de cinéma offrait au visiteur différents films sur l’industrie. À l’extérieur, camions cohabitaient avec locomotive, monte-charge ou fenêtres. Des compétitions diverses apportaient leur lot d’animation. Ce bâtiment, qui vient d’être remonté en partie au Parc des expositions de Villepinte, près de Paris, a été inauguré le 18 avril 2000. Il représente une véritable prouesse technique, une hardiesse dans la forme et le matériau.

Organisation et méthodes, de la Cie française des métaux à Cegedur GP. Fernand Prieur

En 1960, F. Prieur arrive à l’usine de transformation d’aluminium de Castelsarrasin. Il y est chargé de l’ordonnancement. La tâche est ardue à une époque où l’on reconnaît mal la valeur de cette discipline. En 1967, il est muté au siège social comme responsable du service central d’« organisation ». Il y fait alors connaissance avec le cabinet McKinsey qui réalise un audit de Cegedur et met en place les « Projets d’organisation ». Enfin, en 1970, il entre dans l’aventure de l’informatique, comme adjoint au chef du service « système de base ». Pendant toutes ces années, F. Prieur travaille au gré des bouleversements de la vie de l’entreprise, soumise à deux importantes fusions.