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Le fléau de la balance, ou les apparitions de laluminium
à lExposition de 1855. Jean Plateau, Élise Picard
Le fléau de la balance de 1855, conservée au Musée
des arts et métiers, est le premier objet utilitaire fabriqué
en aluminium connu à ce jour ; il figura à lExposition
universelle de 1855, organisée à Paris par Napoléon
III, mais lhistoire navait guère retenu, jusquà
ce jour, que les lingots daluminium présentés au même
endroit. Pour confirmer lexactitude de la chronologie, les auteurs
ont repris lensemble des travaux et communications dHenri
Sainte-Claire Deville et de ses contemporains, afin de savoir quand, précisément,
le fléau a pu être fabriqué et exposé. À
cette occasion, lensemble des objets en aluminium présentés
pendant la durée de lExposition sont passés en revue.
Par cette étude, les auteurs mettent ainsi en évidence le
fait que, pendant les deux cents jours dexposition, de nouveaux
objets apparurent au fur et à mesure que la production daluminium
progressait. Déjà, Sainte-Claire Deville rendait hommage
à Wöhler par le biais dune médaille, Christofle
présentait une timbale en aluminium et différents instruments
de précision offraient des applications du nouveau métal.
Pechiney au pays des Soviets. Le contrat russe
de 1930. René Bonfils
Au début du siècle, le cercle des pays producteurs daluminium
est limité à quatre (France, États-Unis, Suisse et
Grande-Bretagne), et tous sont daccord pour limiter le plus possible
le nombre de nouveaux membres. Chacun privilégie les contrats commerciaux
de fourniture daluminium, et repousse les demandes de construction
dusines délectrolyse. Néanmoins, dans les années
trente, lévidente utilisation stratégique de laluminium,
le développement de ses applications et lapparition de producteurs
indépendants, poussent les quatre ténors à revoir
leur stratégie : désormais, la vente de technologie est
autorisée, et des usines clef-en-main sont négociées.
Le contrat russe de 1930 fait partie de cette nouvelle politique et mène
à la construction des combinats de Volkhov et du Dniepr. Il illustre
comment Pechiney a eu recours aux compétences techniques et humaines
disponibles pour monter un dossier, puis pour accompagner un projet ambitieux
sur le terrain. Il montre la difficulté, pour lindustriel
français, à mettre en pratique son savoir-faire dans un
pays aux traditions culturelles différentes. Cest aussi le
regard des ingénieurs français sur la Russie des années
1930.
Le Jumbo 3C, un laminoir français en Amérique.
Paul Crouzet
La concurrence entre Français et Américains, dans lindustrie
de laluminium, existe depuis lorigine du procédé
Héroult/Hall. Si la rivalité est très forte dans
le domaine de lélectrolyse, elle existe aussi dans la transformation.
Après la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre daméliorations
techniques sont apportées aux techniques de laminage et relancent
la compétition technologique entre les sociétés européennes
et américaines. La création du Jumbo 3C, par la Société
de conditionnement en aluminium (Scal), en 1977, participe à cette
histoire des procédés et montre, de lintérieur,
comment les Français ont su mobiliser leurs capacités commerciales,
scientifiques et techniques pour souvrir un nouveau marché.
Les « trente glorieuses » de la recherche
métallurgique. Charles Crussard
Les structures de recherche et développement, dans les entreprises
françaises, ont beaucoup évolué après la Seconde
Guerre mondiale. Progressivement, lidée dorganiser
la recherche mûrit, et devint une préoccupation réelle
pour les industriels. Au cur de cette histoire, Charles Crussard
raconte son parcours, tout jeune ingénieur pendant la guerre, et
son expérience entre recherche publique et recherche privée,
du CORSID à lIRSID et au Centre de recherches de Voreppe
(CRV). Au sein de Pechiney, il fut un acteur actif de la centralisation
de la fonction recherche. Il rapporte ici quelques pages de la vie du
CRV, et de son activité au sein de Pechiney.
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