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L’influence des pouvoirs publics sur le calcul du prix de revient chez Pechiney entre 1936 et 1945. Henri Zimnovitch


Le calcul du prix de revient, dans une entreprise, est théoriquement défini à partir d'éléments déterminés et connus, tels que le prix des matières premières ou le coût de la main-d'œuvre. L'analyse d'Henry Zimnovitch, concernant PCAC, entre 1936 et 1945, met en évidence, une nouvelle fois, le rôle des hommes, et en particulier celui de Jean Benoit. Il souligne les décisions de l'entreprise confrontée au modèle américain, entre prix techniques et coûts standart.
Au-delà de l'entreprise, le choix du calcul du prix de revient fut un enjeu dans des périodes de bouleversements et d'instabilité comme le Front populaire et la guerre. L'existence des cartels rendit le débat encore plus vif face aux accusations de contrôle des prix. L'industrie de l'aluminium était particulièrement concernée, et l'auteur s'attache plus particulièrement à déterminer l'influence du cartel international sur le montant du prix de revient.
Le choix du mode de calcul fut, dès l'entre-deux-guerres, un problème essentiel pour le patronat comme pour les pouvoirs publics. Pour ces derniers, lui donner un cadre législatif et réglementaire était essentiel pour contrôler les bénéfices de guerre.

Champagnier ou l'élan brisé. Un projet de grande usine balayé par la crise de 1929. René Lesclous

Après une sévère crise en 1921, l'industrie de l'aluminium connaît jusqu'au krach de 1929 une période d'essor soutenu. La production annuelle augmente d'environ 10% par an. La direction d'AFC met en œuvre à partir de 1923 une stratégie visant à répondre à la demande : accroissement des capacités de production d'aluminium de 60 % en cinq ans et lancement simultané d'un vaste programme d'équipement hydroélectrique, représentant environ un milliard d'immobilisations.
AFC dispose d'atouts importants : une situation financière saine dégageant une capacité d'emprunt non négligeable ; des avancées techniques tant dans le domaine de la production du métal que des alliages qui ouvrent de nouveaux débouchés. Des services de recherches performants sont en place depuis 1921-1922.
En 1928, est mise à l'étude une usine à Champagnier (Isère), qui marque une nouvelle génération de sites tant par son emplacement éloigné des chutes d'eau que par sa dimension : avec une capacité de 25 000 tonnes, elle représente 75 % de la production française. Plus de mille salariés sont prévus, pour lesquels sera réalisée une cité dotée d'équipements sociaux, culturels, cultuels, de commerces, etc.
La crise qui éclate en 1929 balaye ce projet à haut risque qui ne verra jamais le jour.

La maîtrise des alliages, dix années de progrès techniques à la fonderie d’électrolyse de Sabart, 1953-1963. Robert Drouard

La fonderie d’électrolyse est une étape du processus industriel qui se situe juste après l’électrolyse de l’aluminium, alors que celui-ci est encore en fusion. L’usine de Sabart, dans les années cinquante, fut la première en France à inaugurer le transport du métal en fusion depuis l’usine d’Auzat toute proche, jusque dans ses fours, sur le modèle de ce qui se faisait outre-Atlantique. Époque de changements, dans les années cinquante, la fabrication des alliages qui se faisait directement dans les cuves d’électrolyse, est finalement réalisée dans des fours de fusion aux paramètres de fonctionnement plus faciles à maîtriser. La qualité et la fiabilité des alliages obtenus furent une préoccupation prioritaire, suivie de près par les services de L’Aluminium Français. La sécurité des utilisateurs était en jeu dans des applications comme les bouteilles de gaz. Ce souci fut une source de progrés, et le travail réalisé avec le laboratoire de recherche de Chambéry, sur réclamations des clients, fut fondamental. C’est l’ensemble de ces changements que nous décrit Robert Drouard, témoignage de son expérience d’ingénieur à l’usine de Sabart, dans l’Ariège.

Du four des Gaulois aux petits carnets, 30 années de fonderie en transformation à Issoire. Serge Mercier

Le fondeur appartient à cette catégorie de métiers très éprouvants où le savoir-faire fut longtemps essentiel. La fonderie de transformation n'échappe pas à la règle. À Issoire, usine « moderne » de laminage mise en fonctionnement en 1949, par Cegedur, la culture industrielle y fut très forte, grâce à une population ouvrière très diverse à la fois issue de la paysannerie locale et des mouvements de migrations aux origines les plus lointaines.

Serge Mercier, qui a longtemps travaillé dans la fonderie, nous donne une image très vivante de ce métier et des rapports entre individus, des plaisirs quotidiens aux précieux "petits carnets". L'évolution technique et les changements qu'elle occasionna furent des facteurs importants de modifications des attitudes.