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Laluminium monétaire : un reflet de lhistoire. Jean-Marie
Darnis, Jean Plateau
Lemploi de laluminium dans la fabrication des monnaies a été
envisagé dès la seconde moitié du 19e siècle.
Ce nest cependant que dans les années vingt, en France, que
lon trouve sa présence officielle, lors de lémission
de pièces par les chambres de commerce, sous le contrôle
de lÉtat. Depuis cette date, le bronze daluminium et,
à défaut, lalumi-nium sont présents dans toutes
les émissions monétaires françaises.
Laluminium et le bronze daluminium, comme métaux de
substitution à largent ou à lor, eurent à
se défendre, dans un premier temps, contre la concurrence du nickel.
Mais le métal léger simposa largement, dabord
dans les monnaies de nécessité pendant la Première
Guerre mondiale, comme monnaie courante lors de la Seconde. À lissue
de chacun des deux conflits, le bronze daluminium devint monnaie
courante. Les pièces bi-métalliques, en 1988, le confirmaient
encore dans la pertinence de son utilisation.
Un partenariat franco-belge dans la transformation
la « Société Industrielle de lAluminium »
(Sidal) 1945 1971. André Fonteyne
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, lensemble de léconomie
européenne eut à se réorganiser. Lindustrie
de la transformation daluminium vécut de profonds bouleversements,
dont les sociétés belges furent lun des enjeux. La
société Sidal fut acteur de ce renouveau et se trouva au
croisement des intérêts de plusieurs entreprises. La famille
propriétaire dabord, en la personne de Lucien Féron,
tenait à conserver une indépendance relative vis-à-vis
des producteurs de métal, quels quils soient. Les Français,
au sein de LAluminium Français, souhaitaient développer
leurs capacités de transformation, sans toutefois risquer de concurrencer
leur filiale française Cegedur. Les Américains, enfin, étaient
désireux de simplanter en Europe, et cherchaient des moyens
pour y parvenir.
Lalliance de Sidal avec les Français connut des périodes
plus ou moins faciles, et leurs relations furent toujours complexes. Néanmoins,
les choix technologiques et stratégiques de Sidal lui permirent
de devenir le plus important transformateur européen ainsi que
le premier exportateur du pays. Au début des années soixante-dix,
le changement de stratégie des Français à son égard
aboutit finalement à lintégration de la société
au groupe néerlandais Hoogovens. Sidal fut alors le premier élément
« aluminium » de cet aciériste qui souhaitait se diversifier.
Le développement du procédé
Hall-Héroult et son accompagnement par la propriété
industrielle (1886-1994). Claude Pascaud
Le bon usage des brevets, offensif ou défensif, est partie intégrante
de la stratégie industrielle de l'entreprise, et révèle
d'un savoir-faire spécifique. L'exemple de la technologie Hall-Héroult
éclaire l'évolution des pratiques, avec l'importance décroissante
dans le temps de brevets, au profit de la protection du secret entourant
les nombreux perfectionnements de la technique de base, passée
dans le domaine public.
Les brevets Hall et Héroult, déposés en 1886 respectivement
aux États-Unis et en France, ont donné lieu à une
controverse juridique. L'antériorité du brevet français
n'a pas été reconnue par les tribunaux américains
dont la législation favorise les inventeurs nationaux. Le différend
a finalement été réglé par un compromis entre
Hall et Héroult.
L'évolution du procédé est marquée par des
paliers successifs, caractérisés par des bonds dans l'intensité
des cuves d'électrolyse. Quelques inventions majeures, concernant
la structure des cathodes, la maîtrise des champs magnétiques,
la nature des anodes, l'alimentation des cuves en alumine, la captation
des effluents fluorés, ont permis d'atteindre ces paliers, auxquels
correspondent diverses générations de brevets. La stratégie
d'Aluminium Pechiney en matière de dépôts et extensions
de brevets est analysée.
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