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« Un pavillon en argent » à l'exposition d'électricité de Marseille en 1908, le métal léger s'expose. Astrid Corbin de Grandchamp


Des archives inédites permettent de revivre avec précision la participation à l'exposition d'électricité à Marseille, en 1908, d'une des entreprises françaises produisant de l'aluminium à l'époque, la Compagnie des Produits Chimiques d'Alais et de Camargue. Alors que l'industrie de l'aluminium traverse une crise, le jeune directeur de PCAC, Adrien Badin, décide de présenter son activité avec éclat. Le stand est décoré de manière spectaculaire par un pavillon entièrement en aluminium et brillamment éclairé. La Compagnie expose plusieurs aspects des applications de l'aluminium, ce qui nous donne ainsi le reflet de l'image du "nouveau" métal à l'époque. L'exposition est également l'occasion de rencontrer le public, hétéroclite et imprévisible. Comment répondre à tant de demandes de sa part, dont certaines sont parfois si surprenantes ! Il s'agit pourtant de satisfaire les visiteurs pour qu'ils échappent à la principale concurrente, Froges ; c'est un des enjeux les plus importants de l'exposition. La volonté d'expansion de PCAC se révèle ainsi à la fois dans son apparence, mais aussi dans son discours ! Voilà une vision concrète et instantanée d'une étape de l'histoire de l'industrie de l'aluminium !

Discours, bulletins, dessins : l'information en gestation chez Pechiney, 1921-1947. Violaine Valette-Tourette

Dès l'instant où une entreprise est créée, elle informe et communique avec son personnel et son entourage plus ou moins immédiat. Les deux principaux ancêtres de Pechiney, la Compagnie des Produits Chimiques d'Alais et de la Camargue et la Société Électrométallurgique ne dérogèrent pas à ce principe. A partir de 1921, certains réseaux d'information s'organisèrent dans l'entreprise. En effet, quelques services du secrétariat général devinrent responsables d'une meilleure coordination dans l'entreprise ainsi que des relations avec l'extérieur. En outre, le service propagande de L'Aluminium Français organisait peu à peu une promotion active du métal. Cette information externe se réduisit sensiblement au cours de la Seconde Guerre mondiale alors même que le conflit a été à l'origine de l'organisation de l'information interne. L'institution de la Charte du travail imposa en 1941 un comité social dans chaque entreprise de plus de cent salariés. Il était chargé de transmettre diverses informations au personnel essentiellement par le biais d'un journal. Ce fut également le cas pour le comité d'entreprise d'après guerre. Cette information interne était très liée aux activités de ces deux comités et dans une moindre mesure à l'environnement extérieur. Ainsi, c'était avant tout une information sociale qui était transmise. Inspirés des États-Unis, un service de coordination des relations avec le personnel et un service de relations extérieures furent mis en place en 1948. C'est à partir de ces années que l'information interne et l'information externe ont été considérées au sein de la Compagnie comme des disciplines à part entière.

« Sésame ouvre toi », histoire de l'ouverture facile des boîtes de conserve. Henri Richaud

En 1959, Erman C. Fraze, fabricant d'outillage aux États-Unis, invente le principe de l'ouverture facile pour les emballages métalliques : boîtes pour les conserves ou boîtes pour les boissons carbonatées. Cette invention consiste à réaliser un fond de boîte détachable suivant une ligne préincisée, à l'aide d'un organe de préhension, constitué par une languette ou un anneau. La préincision est obtenue par déformation locale sans provoquer de déchirure ou de fissure dans le métal. Il s'agit de la technique de l'ouverture facile par rivet intégré. Après avoir déposé son brevet en 1962, il le céda à Alcoa pour en assurer la commercialisation. Dans le monde entier, pratiquement tous les grands producteurs d'emballage dont Cebal en ont acquis la licence.
L'ouverture facile a constitué un événement très important dans le monde de l'emballage alimentaire. Cela s'est traduit par un véritable raz de marée de la consommation de l'aluminium pour cette application qui était inexistante dans ce domaine avant l'invention de ce type d'ouverture.

La formation technique, une arme commerciale, l'action de L'AF de 1911 à 1955. Florence Hachez-Leroy

La formation professionnelle tient une place fondamentale dans l’économie d’un pays, notamment lorsque de nouvelles technologies apparaissent. La satisfaction des besoins en personnel qualifié est essentielle pour le développement de la nouvelle branche industrielle. Si, récemment par exemple, l’apparition de l’informatique a engendré de nouveaux métiers et de nouvelles filières d’enseignement, il en fut de même pour l’aluminium lorsque les producteurs entreprirent d’en diffuser largement les applications. Dans quelles conditions furent créées une ou des formations spécifiques aux techniques de l’aluminium ? Quelle fut l’attitude des pouvoirs publics ? Comme pour la recherche elle-même, les premières actions de formation utilisèrent des méthodes empiriques : une caravane réalisant des tournées de démonstration dans toute la France. Forte de l’expérience ainsi acquise, L’Aluminium Français s’engagea alors dans une voie plus "académique" avec la création de lieux d’enseignement spécifiques. L’École de Chambéry, puis le CTAL contribuèrent pour une bonne part à la formation des ingénieurs et des ouvriers. Mais la reconnaissance de L’AF par les pouvoirs publics lui permit aussi d’agir au niveau des structures mêmes de l’enseignement public, dans le secondaire comme dans le supérieur.

Les débuts de la recherche à la Compagnie générale du Duralumin et du Cuivre : histoire du laboratoire de Couzon, 1946-1955. Michel Watteau


En 1946, Cegedur créait un laboratoire de recherche à l'usine de Couzon à Rives de Giers à partir du laboratoire de contrôle de l'usine. Il avait une double mission, apporter un soutien technique à l'usine et au laboratoire de contrôle. Cela supposait la mise au point de méthodes d'analyse chimique. L'essentiel des recherches devait résoudre les problèmes de fabrication de l'usine. Les ingénieurs de ce laboratoire ont ainsi mis au point des rivets en A-U2G et A-U3G pour l'aéronautique, effectué des études sur le Zicral, mis au point des alliages pour la coulée continue etc. Dans le même temps, les fabrications de la nouvelle usine d'Issoire prenaient de l'ampleur et le laboratoire de Couzon travaillait de plus en plus pour cette usine. En conséquence, en 1955, une partie du laboratoire fut transférée à Issoire qui devenait le laboratoire central d'Issoire (LCI).