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Tonnes et heures tonnes, production, productivité et gestion de
la main d'uvre dans les usines d'aluminium, 1921-1971. Gérard
Vindt
Le souci de la productivité du travail dans la fabrication du métal
primaire n'est apparu que progressivement. Jusqu'aux années trente,
il s'agissait essentiellement d'accroître le volume de la production.
Ensuite on a entrepris de diminuer la consommation d'énergie.
Mais l'absence d'observation et d'estimation de ce qu'était la
rentabilité de la production et de la pénibilité
des conditions de travail expliquent que l'entreprise ait d'abord cherché
à fidéliser la main-d'uvre par une politique sociale.
La mise au point des cuves Söderberg, la crise économique
des années trente ont incité les dirigeants à préciser
leur réflexion et à s'attacher au contrôle du prix
de revient des produits fabriqués dans un contexte de vive concurrence.
Modernisation des usines et productivité accrue du travail vont
désormais de paire. Cependant, c'est au cours des deux décennies
qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale que l'amélioration de
la productivité du travail est devenue le mot d'ordre de l'entreprise.
Toutes les étapes de la fabrication ont été prises
en considération afin de gommer la différence entre Français
et Nord Américains. L'organisation, le progrès scientifique
et technique et la gestion du personnel ont été les trois
directions privilégiées ; elles sont indissociables pour
comprendre les bons résultats obtenus. Si les gains de productivité
ont été un axe de la politique sociale de l'entreprise grâce
à l'évolution des technologies et à la progression
des salaires, cette stratégie a, pourtant, trouvé ses limites
lorsque le climat social s'est détérioré à
la fin des années soixante.
L'usine du Palais, une raffinerie de cuivre en
Limousin, 1917-1982. Anthony Simont
Située dans une région très rurale, le Limousin,
l'usine du Palais-sur-Vienne a une histoire qui atteste que la volonté
des notables locaux, alliée aux besoins de l'État a permis
la mise en valeur industrielle de ce site grâce à l'hydroélectricité.
C'est en 1916 que le gouvernement français a pris la décision
de créer une raffinerie de cuivre à bonne distance de la
frontière allemande et a opté pour cette région.
La production de cuivre a démarré en 1920, et les extensions
et modernisations se sont succédées de façon continue
jusqu'en 1982, afin de suivre l'évolution des marchés.
La production de cuivre raffiné a été complétée
en 1927 par un atelier de fonderie électrique, puis en 1931 par
un atelier d'étirage fabriquant aussi des demi-produits en aluminium.
À partir de 1943, une autre orientation apparaît le recyclage
des déchets. En s'affirmant peu à peu, cette activité
est devenue une spécialité de l'usine.
Administrée par la Compagnie générale d'électricité,
la Compagnie française des métaux, les Tréfileries
et Laminoirs du Havre et Pechiney, l'usine de la Compagnie générale
d'électrolyse du Palais est devenue une filiale directe de Pechiney
en 1967. Lorsque les économies d'échelle opérées
par les concurrents de la CGEP ont rendu ses productions moins compétitives,
l'agrandissement et la modernisation constante de l'usine ont fait que
l'entreprise s'est spécialisée dans un nouveau secteur :
la production de billettes de cuivre.
Histoire de la Nouvelle Spidem, 1958-1972. Lucien
Diolot
Cette société de conception de matériel de transformation
a été fondée en 1958 par la réunion de l'entreprise
Spidem (créée en 1935) et du Bureau central d'études
de Cegedur (créé en 1943). Ce dernier avait été
responsable de l'assistance aux usines pour les recherches sur le matériel
(presses, laminoirs) et les outils ainsi que leur amélioration.
À la fin des années cinquante l'état de l'industrie
française des constructeurs de machines métallurgiques a
conduit Cegedur à proposer à Spidem de reprendre son bureau
central d'études afin d'exploiter l'expérience acquise.
Spidem, Cegedur, les Tréfileries et Laminoirs du Havre, la Compagnie
française des métaux et les Établissements Coquillard
se sont trouvés associés dans la constitution du capital
de la Nouvelle Spidem. La société a été organisée
afin de produire du matériel original et non disponible sur le
marché en partant quelques fois d'appareils existants. Les machines
ainsi mises au point ont été vendues aussi bien en France
qu'à l'étranger. Cependant la composition de l'actionnariat
plaçait l'entreprise dans une situation ambiguë où
l'actionnaire était le client. Aussi en 1971, la firme a été
cédée à SECIM (Creusot-Loire). Pourtant l'essentiel
de l'esprit de La Nouvelle Spidem perdure encore aujourd'hui.
Problèmes de relations entre Européens
et Africains sur le chantier de Fria, 1957-1959. Jacques Bocquentin
Au cours des années cinquante, Pechiney décida de développer
ses implantations industrielles à l'étranger. La Guinée
fut choisie en raison de ses ressources minières et hydroélectriques.
Créer de toutes pièces un site industriel en pleine brousse
était une prouesse économique et technique mais aussi une
aventure humaine. Pour que sorte de terre ce qui est devenu le "fer
de lance" de l'économie guinéenne, l'usine de Fria,
les hommes responsables de ce projet ont assumé les contraintes
matérielles : pour bâtir l'usine, on a construit une route,
une voie de chemin de fer, et une ville ex nihilo. Ils ont aussi géré
les relations humaines à deux niveaux : au sein de la communauté
européenne, de la communauté africaine, mais également
entre les communautés travaillant sur le site. Ces relations humaines
complexes conjuguées aux attentes et aux aspirations des hommes
politiques de l'État guinéen tout juste indépendant
ont créé un climat social difficile. Les tensions se sont
cristallisées autour d'une grève dure. L'exemple des difficultés
nées de la mise en valeur du site de Fria illustre combien les
négociations ont été subtiles pour que le projet
aboutisse.
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